Salon Paréidolie – Entretien avec Françoise Aubert

Portfolio Categories : Autres lieux, Entretiens, Evènements, Lieux, Magazine, Recents et Salons.

Dans le cadre de la seconde édition du salon Paréidolie, qui se tiendra les 29 et 30 août prochains au Château de Servières à Marseille,  l’Agenda du dessin contemporain, partenaire de l’évènement, a initié une série d’entretiens avec les divers acteurs du salon, afin de mieux en saisir tous les enjeux.

ADC : Françoise Aubert, vous êtes membre du conseil d’administration de la Fondation Vacances Bleues. Créée en 2006, elle constitue le prolongement des diverses actions de mécénat menées depuis plusieurs années par le groupe Vacances Bleues en faveur de la création contemporaine, à Marseille. Quelle est la place du dessin dans les collections de la Fondation? Y a-t-il une « histoire » particulière avec ce médium?

En 2015, soucieuse de se concentrer sur la gestion de sa collection, la Fondation Vacances Bleues a mis en sommeil son programme d’expositions et d’acquisitions. La collection d’entreprise Vacances Bleues, initiée au début des années 1990 sur le principe d’un soutien aux artistes émergents de son territoire, fait bien évidemment la part belle au médium dessin ; en tant que pratique quotidienne de l‘artiste – dévoilée ou pas -, le dessin est ainsi très représenté dans la collection Vacances Bleues avec des œuvres d’artistes tels que Gérard TRAQUANDI, François MEZZAPELLE, Anne-Marie PECHEUR, Jean LE GAC ou Jean-Michel ALBEROLA. Avec de très jeunes artistes comme Karine ROUGIER ou Jérémie SETTON, il a même été au centre de leur résidence de création, qui s’est déroulée dans l’atelier de Vacances Bleues en 2013 et 2014. Et l’installation de Jérémie SETTON « Oh le beau jour encore que ça aura été » sera d’ailleurs à nouveau visible chez Vacances Bleues durant le temps du Salon 2015. Il était donc naturel pour Vacances Bleues de soutenir, dès sa création, l’initiative du Salon de Dessin de Marseille, qui renforce et structure une offre abondante de la rentrée culturelle dans notre ville.

ADC : Vous êtes, pour la seconde année consécutive, membre du comité de pilotage du salon international du dessin contemporain, Paréidolie, qui se tiendra les 29 et 30 août prochains à Marseille. Lors de la première édition, de par son positionnement d’emblée international, sa forte fréquentation et l’organisation d’évènements thématiques sur l’ensemble du territoire dans le cadre de la saison du dessin, le salon Paréidolie a enregistré un bilan très positif. Quels sont les enjeux pour cette seconde édition? 

Une seconde édition est toujours plus importante qu’une première ! Portés par le succès de l‘an dernier, nous avons relevé le défi à différents niveaux : en renouvelant notre comité artistique et en demandant cette année à Olivier Kaeppelin – l’un des spécialistes français du dessin – d’en prendre la présidence ; En ouvrant d’avantage encore notre sélection à des galeries françaises ou internationales, émergentes ou confirmées, mais surtout repérées pour leur travail sur le dessin, sous toutes ses formes.

Parmi les nouveautés cette année on peut ainsi noter un premier partenariat avec le Maroc autour de CulturesInterface et la galerie Kulte, un axe méditerranéen que nous souhaitons défendre dans les années à venir, et un espace dédié au dessin vidéographique.

ADC : Vous dites vouloir développer un axe méditerranéen dans les années à venir. Cette année, deux galeries sont issues du bassin méditerranéen, la Galerie Ethall, de Barcelone (Espagne) et la Kulte Gallery, de Rabat (Maroc). Pensez-vous que l’identité culturelle de Marseille dans les années à venir sera conditionnée par le renforcement de cet axe? 

Historiquement, culturellement, notre territoire est profondément ancré au Sud. Je pense donc en effet que l’un des atouts de Marseille est de valoriser ce positionnement méditerranéen dans toute sa richesse artistique et culturelle ; il y a là un potentiel créatif qui ne demande qu’à s’exprimer. À nous, acteurs culturels, de savoir nous en saisir pour renforcer l’attractivité et la vitalité de notre ville. Sans être la seule voie possible de développement, c’est en tous cas l’une des plus intéressantes et des plus prometteuses à laquelle nous souhaitons, dans les années à venir, donner toute sa visibilité.

ADC : Quel est l’intérêt d’un salon dédié au dessin sur le territoire?

Sur notre territoire qui regroupe la plus forte concentration d’artistes après Paris, un rendez-vous autour du dessin prend tout son sens ; il participe à la richesse des propositions et donc à l’attractivité générale de ce territoire, un aspect primordial pour nous comme pour les institutions qui nous soutiennent. De plus, il s’insère dans un réseau déjà connu pour son dynamisme et constitue une occasion supplémentaire de cultiver des collaborations en bonne intelligence avec l‘ensemble des structures marseillaises et au-delà.

La « saison du dessin » initiée en même temps que PAREIDOLIE en est la plus belle manifestation, avec une dizaine de rendez-vous déjà programmés pendant et après le salon, incluant des structures aussi prestigieuses que le Musée des Beaux Arts de Marseille ou le Frac, aux côtés de galeries du territoire Marseille Provence.

Entretien mené par Anne-Cécile Guitard.

http://www.pareidolie.net/