Jean-Luc Manz. Notebooks (1989- 2014)


Le Musée Jenisch Vevey publie en Co-édition avec JRP|Ringier Jean-Luc Manz. Notebooks (1989- 2014), ouvrage de plus de 1’000 pages reproduisant, in extenso, les 14 carnets de recherche de Jean-Luc Manz réalisés entre 1989 et 2014.
Ce livre sera verni jeudi 16 avril 2015 dès 18h30 en présence de l’artiste.

En parallèle à cette publication, le Musée propose un focus dans ses collections : Wallpaper Libération: les carnets de Jean-Luc Manz à voir du 14 avril au 19 août 2015.

Jean-Luc Manz, 1999-2001

Les carnets ont été achetés par le Musée Jenisch Vevey en 2013 et viennent s’ajouter aux 34 œuvres déjà conservées dans les collections. L’artiste et le Musée Jenisch ont à cœur d’entreprendre cette démarche pour valoriser le travail important des carnets, encore trop peu connu du public. L’institution veveysanne suit depuis ses débuts le travail de l’artiste vaudois dans le domaine de l’estampe et du dessin. Le projet de facsimilé des carnets vient confirmer et renforcer le sens de cette mission de soutien adressée depuis une quinzaine d’années à l’un des plus grands artistes vaudois de sa génération. Le livre s’intègre dans l’engagement du Musée Jenisch pour le rayonnement des œuvres sur papier. Le premier carnet de Jean-Luc Manz remonte à 1989, date à laquelle l’artiste dirigeait à Vevey l’espace d’art contemporain M/2 (1987-1991) avec Alain Huck, Jean Crotti, Robert Ireland, Catherine Monney et Christian Messerli. À l’occasion des 30 ans de l’ouverture de cet espace d’art, le Musée Jenisch organise en 2017 une rétrospective de ses activités.

Jean-Luc Manz, 2001-2003

La neuvième édition de la revue Roven proposait, en 2013, une formule thématique intégralement consacrée aux carnets de recherches (José Maria Gonzalez, Julie Enckell Julliard, Marine Pagès, Roven n°9. Numéro spécial le carnet de recherches) :

« Ici un ticket de métro évoque les peintures abstraites tant admirées de Barnett Newman ; ailleurs la fontaine d’un dépliant trouvé dans un hôtel américain renvoie à Étant donnés… de Marcel Duchamp ; ailleurs encore le motif d’une publicité rappelle un tableau de Blinky Palermo… Des visuels qu’il choisit, l’artiste dira qu’« ils ont des rôles très précis, ils se réfèrent toujours à des rencontres qui mêlent l’histoire culturelle et [sa] vie privée. Tout cela reflète assez bien [sa] vie » (Jean-Luc Manz, dans un entretien avec l’auteure, Lausanne, 29 novembre 2012.Toutes les citations de l’artiste sont issues de cet entretien). Collections de fragments, découpés, remontés dans un agencement dont la logique suit celle, très personnelle, des correspondances établies par l’artiste, ce répertoire s’apparente formellement aux différents volets d’un atlas de la connaissance subjective. Les planches qui le composent en comportent à la fois l’aspect sélectif, le foisonnement et la diversité ; elles reconfigurent, à partir d’éléments du quotidien placés en résonance, une géographie où se mêlent les affinités culturelles et le ressenti personnel. Désir, rencontres côtoient ainsi des motifs publicitaires évocateurs d’une peinture abstraite ou l’architecture atypique d’un musée. Pour l’artiste, la mise en résonance des images lui offre la possibilité de revisiter sa propre histoire par l’entremise des éléments visuels qui se présentent à lui. Outil géographique au sens propre, les carnets de Manz échafaudent par le biais de la combinatoire des images une nouvelle configuration du monde, au sein de laquelle l’artiste parvient à visualiser ses racines, ses appartenances communautaires, son orientation future. « Cela me rassure de savoir que les aborigènes font eux aussi cette peinture abstraite, dira-t-il en désignant une découpure collée sur une page d’un cahier, il y a des liens, des gens qui partout dans le monde travaillent comme je le fais. Tout cela fait que je ne me sens plus tout seul. […] Le temps du carnet serait donc celui d’un pont entre le passé et le futur, rendu possible par le ressenti au présent. Un mode organisationnel qui s’apparenterait davantage à celui du rêve, avec toutes les discontinuités et les va-et-vient qu’il présuppose. Le cahier mettrait ainsi en crise le temps de l’oeuvre d’art elle-même autant que sa lisibilité.»

Extrait du texte, À l’écart du visible, le bruissement du monde : trois exemples et quelques réflexions sur le carnet de recherches, Julie Enckell Julliard, Roven n°9. Numéro spécial le carnet de recherches, 2013.

Pour compléter ce texte, un extrait de l’entretien entre l’artiste et Julie Enckell Julliard, réalisé le 29 novembre 2012 : http://museejenisch.ch/fre/the_box

Visuel : Jean-Luc Manz, Carnets de recherche, 1999-2001

http://museejenisch.ch/

http://www.jrp-ringier.com/pages/index.php