Dessins contemporains – Fondation Daniel & Florence Guerlain


Exposition à la Maison Guerlain

Du 10 juin au 3 août 2015

La Maison Guerlain consacre une exposition de dessins des trois artistes sélectionnés pour le Prix de dessin 2015 de la Fondation d’Art Contemporain Daniel & Florence Guerlain. Dans la boutique emblématique des Champs-Élysées, au 1er étage, une quinzaine d’œuvres sur papier seront ainsi proposées dans le salon privé réservé aux expositions temporaires. Habitués à parcourir le monde, pour promouvoir les artistes qu’ils défendent et découvrir de nouveaux talents, Daniel et Florence Guerlain ont accepté la proposition qui leur est faite pour ce nouvel accrochage, afin de poursuivre le retour choisi par Laurent Boillot, le Président de Guerlain, vers les valeurs familiales. Cette passion pour l’art en effet, Daniel la tient de son grand-père, Jacques Guerlain, qui fut en son temps non seulement un créateur de talent mais aussi l’un des plus importants collectionneurs d’art impressionniste. Daniel et Florence Guerlain perpétuent ainsi la tradition familiale en soutenant les artistes de leur temps, animés d’une passion pour le dessin, medium longtemps considéré comme un art mineur qui aujourd’hui, notamment grâce à la Fondation Guerlain, a retrouvé ses lettres de noblesse. En 2012, le couple de collectionneurs a fait don de 1.200 feuilles issues de sa collection de dessins contemporains au Musée national d’art moderne.

« C’est rassurant de constater que cette pratique, sans doute la plus ancienne, est toujours bien présente, malgré l’apparition des nouvelles technologies. Une œuvre sur papier est désormais considérée comme une œuvre à part entière. »

Daniel et Florence Guerlain

 

Tomma Abts

Tomma Abts, Untitled (12 bits), 2009. Private collection, London Courtesy greengrassi, London

 

Par ses lignes, courbes et autres formes proches de la géométrie, le travail de Tomma Abts n’a d’autres intentions que de donner à voir le plus clairement possible ce qui émerge de son imagination, sans être une simplification du réel. Si l’artiste débute librement et intuitivement sur sa feuille, ces formes lui apparaissent dans un second temps, avant d’être retravaillées de manière quasi obsessionnelle, également par leur multiplicité. Sorte de méditation cartésienne et approche rigoureuse d’un ressenti indéfinissable sont les pratiques quotidiennes de Tomma Abts, qui emploie souvent le mot «humeur» et dit savoir quand le travail est abouti, juste de manière intuitive et impalpable.

Tomma Abts est née en 1967 à Kiel, en Allemagne, et elle vit aujourd’hui à Londres. Elle a étudié à la Hochschule der Künste de Berlin de 1988 à 1995, avant d’aller s’installer à Londres, où elle a reçu le prestigieux Turner Prize en 2006. Déjà exposé aux biennales de Berlin ou d’Istanbul, son travail fait partie des collections du Musée national d’art moderne à Paris, du MoMA à New York, du Hammer Museum à Los Angeles et de la Tate à Londres. On peut voir à présent ses oeuvres dans les galeries Daniel Buchholz, greengrassi et David Zwirner.

 

 

Jockum Nordström

Jockum Nordström, Gemak, 2015, courtesy Galleri Magnus Karlson, Stockholm

 

Avec la mine gracile de son crayon, le délié de l’aquarelle ou la construction des collages, Jockum Nordström conte des histoires dans lesquelles la mémoire de Stockholm se mêle à la sienne, faisant s’épouser le passé et le présent. Le XVIIIe siècle, en France ou en Europe, et la période de la Révolution ont notamment passionné Jockum Nordström, tout comme l’architecture de cette époque. Très présente dans la capitale suédoise, il aime autant l’observer in situ que dans ses livres représentant soit une inspiration indirecte, soit des motifs à découper. « J’ai toujours été attiré par le temps d’avant, même petit, alors que je dessinais déjà. Toutefois, si mes dessins peuvent donner l’impression de renvoyer aux siècles anciens, pour moi, ils parlent d’aujourd’hui. » À tel point que même une architecture ou un animal évoquent pour l’artiste un être humain et ses passions. De là sont nées les multiples scènes érotiques et combinaisons debout, allongées, accroupies… traitant de l’homme, la femme et des hiérarchisations dans nos sociétés. « Comme je raconte des histoires, je serais un menteur si je n’abordais pas ce qui occupe une grande part de nos vies. Il s’agit ensuite de composer l’ensemble ».

Jockum Nordström est né en 1963 à Stockholm, où il vit et travaille. Il a étudié au College of Arts, Crafts and Design, à Stockholm et ses oeuvres font aujourd’hui partie des collections du MoMA de New York, du Hammer Museum de Los Angeles, du Moderna Museet de Stockholm ou du Musée national d’art moderne à Paris. En France, on a pu voir son travail à l’Institut culturel suédois à Paris et au LaM de Villeneuve- d’Ascq en 2013, avec le solo show « Tout ce que j’ai appris puis oublié ». Il est représenté par les galeries Magnus Karlsson, Anthony Meier, Zeno X et David Zwirner.

 

Pavel Pepperstein

Pavel Pepperstein, The monuments to the different planets and the monument to the Apple in the mountains, 2014, courtesy Kewenig galerie, Berlin ©André Morin

Il est un peu suranné, aujourd’hui, de parler d’engagement dans l’art contemporain, pourtant Pavel Pepperstein peut s’inscrire au nombre de ces artistes qui contestent, mêlant totalement leur autobiographie à leur oeuvre. Il n’est que de regarder ses derniers travaux pour comprendre que l’actualité nourrit l’oeuvre de Pavel Pepperstein, résidant en Crimée. Certaines de ses aquarelles se nomment ainsi Debris of The Future ou encore The War in the Sea, mettant en action de volontaires triangles suprématistes face à de pauvres paysans. Sa réflexion politique et artistique a d’ailleurs été aiguisée très tôt par son père, le conceptualiste moscovite Viktor Pivovarov ou encore par son aîné, le plasticien Ilya Kabakov. Son travail est fait d’associations libres, voire surréalistes, que d’aucuns ont rapproché de la psychanalyse, quand lui-même se nomme un « réaliste psychédélique ».

Pavel Pepperstein est né en 1966 à Moscou. Il a étudié à l’Academy of Fine Arts de Prague de 1985 à 1987. Représentant de la Russie à la Biennale de Venise de 2009, ses travaux ont été montrés au musée du Louvre et au Musée national d’art moderne à Paris, mais aussi à la Galerie Tretiakov de Moscou, au Musée russe de Saint-Pétersbourg ou au Kunstmuseum de Bâle. Il collabore avec les galeries Iragui, Kewenig, Pace, Campoli Presti ou Regina et, après avoir été exposé au Castello di Rivoli en Italie, participera en 2015 à la cinquième Biennale de Thessalonique.

 

http://www.fondationdfguerlain.com

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