Apocalypse, Frédéric Poincelet

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Femme sauvage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Galerie Catherine Putman

Du 8 février au 22 mars 2014

Auteur de bandes dessinées et de recueils de dessin, Frédéric Poincelet revendique la pratique du dessin pour elle-même. Le dessin comme une discipline, un art à part entière. Il travaille exclusivement au stylo à bille et introduit, pour la première fois, la couleur dans ses dessins. Au moyen de lavis d’encre, avec lesquels il prépare le papier, et par un tracé rigoureux de lignes, verticales ou horizontales, Frédéric Poincelet définit l’espace où viennent s’inscrire paysages désolés ou enfants insouciants dans une ambiance de fin du monde

« Les mortelles radiations ont déjà exécuté leur sinistre mission. Il ne reste que quelques survivants, de toute manière condamnés. Certains ont abandonné leur maison pour partir vers un improbable refuge. Les chants d’oiseaux ne sont plus qu’un souvenir pas si lointain. Des enfants insouciants se livrent encore à leurs jeux, en toute insouciance, pendant que leurs parents réunissent quelques effets sans le moindre espoir. Tout est à l’abandon. Des paysages gardent la trace du passage du souffle de l’arme nucléaire (cabane de bord de plage réduite à un tracé géométrique au sol). Fictionnellement (Dieu merci !) nous sommes en quelque sorte, avec Frédéric Poincelet, les derniers témoins de l’apocalypse d’un désastre – rappelons qu’apocalypse signifie révélation. Car c’est bien des derniers dessins de Frédéric Poincelet dont il s’agit ici. Ils viennent singulièrement en contrepoint du film de 1959 de Stanley Kramer On The Beach (Le dernier rivage) qui raconte grosso modo la même histoire en Australie, où une poignée d’individus vivent les derniers instants de la vie de l’homme sur la planète Terre, suite à une Troisième Guerre Mondiale qui a été déclenchée quelques jours auparavant. Le Jugement dernier et la Fin du monde sont des sujets cycliques dans l’histoire des arts. Les Aztèques, plus appliqués et plus inquiets que d’autres civilisations, espéraient chaque soir que le Soleil reparaîtrait et, pour ce faire, ils sacrifiaient des vies humaines sur un autel au Dieu Soleil. Poincelet, plus sereinement et plus pacifiquement, s’est contenté d’exorciser cette terreur millénaire en couchant sur papier des scènes pour le moins mélancoliques, mais surtout, pleines d’une poésie vénéneuse et décadente. Toujours avec ce trait précis et rigoureux, quasi mathématique, il propose des dessins beaucoup plus colorés que précédemment. Ses couleurs sont passées, comme celles de la pellicule des films en 16 mm – pour rester dans le champ cinématographique. Le format des oeuvres est d’ailleurs panoramique.

Curieusement, la rigueur du tracé, sur les oeuvres les plus dépouillées (paysages, intérieur avec escalier ou vue de la mer), rappelle la manière des dessins abstraits, conceptuels et maniaques de Sol Lewit. Cette série de dessins de Frédéric Poincelet ravive les poésies effrayantes d’Eugène Guillevic. »
Philippe Ducat

Frédéric Poincelet. Né en 1967, à Sartrouville. Vit et travaille à Paris.
Auteur des bandes dessinées Mon bel amour 2006, Essai de sentimentalisme 2001, et les Périodiques, 1999-2002 (éditions ego comme x), Le Château des ruisseaux, 2012, scénario de Vincent Bernière, (éditions Dupuis) ; Frédéric Poincelet a également publié de nombreux livres de dessin dont le remarqué Poésie, 2008 (éditions de la Cinquième Couche) et un ouvrage à mi-chemin entre ces deux arts, Une relecture, 1998 (éditions ego comme x). Sa passion pour toutes les formes de dessin et pour l’édition l’amène à créer Lune Produck, qui pendant dix ans, publie les graphzines de Bruno Richard, Franck Garcia, Donato Di Nunno et lui-même …
Frédéric Poincelet collabore, par la suite, comme dessinateur, aux revues Bang !, Double et à Beaux Arts magazine. Pour mieux donner au dessin la place qu’il pense lui correspondre, à savoir celle d’un art à part entière, il crée, avec Isabelle Boinot, Frédéric Fleury, Emmanuelle Pidoux et Stéphane Prigent, le collectif Frédéric magazine, qui publie, sur Internet dès 2004 puis en livres, les dessins de plus d’une cinquantaine d’artistes. Le dessin y apparaît dans toute sa fierté et son humilité.

Visuels : Frédéric Poincelet, Sans titre, 2013, stylo à bille et encre de couleur sur papier, 50 x 65 cm

http://www.catherineputman.com/